Rassemblement “Nous sommes Charlie” Londres

Ils étaient plusieurs centaines à se rassembler ce dimanche à Londres pour rendre hommage aux victimes de l’attentat qui a frappé le journal satirique Charlie Hebdo. Pendant quelques heures, Trafalgar Square a vibré au son de La Marseillaise et des “Nous sommes Charlie”.

Les Kurdes de Paris se réunissent pour la journée mondiale pour Kobanê

Ils étaient quelques milliers à se réunir cet après-midi à Bastille pour une marche en soutien à Kobanê, la ville syrienne majoritairement peuplée de Kurdes. Depuis le 16 septembre, les peshmergas (combattants kurdes) aidés par les frappes de la coalition internationale, résistent aux attaques de l’État islamique (EI). Ils viennent de recevoir l’appui de quelque 150 peshmergas du Kurdistan irakien, via la Turquie.

Ces nouvelles forces, stationnées depuis le milieu de semaine dans la ville turque Suruç ont pu traverser la frontière pour rejoindre les combattants en proie au feu de l’EI. Ce renfort est une grande avancée dans la lutte contre les djihadistes de la part de la Turquie. Alors que le président Recep Tayyip Ergodan avait appelé le 31 septembre à intervenir par voie terrestre contre Daech (acronyme de l’État islamique en arabe), il avait refusé d’envoyer des soldats turcs, seuls au combat. Il refusait également de laisser passer les Kurdes qui souhaitaient combattre aux côtés des leurs.

Kobanê se trouve aux portes de la Turquie. (Crédit: AFP)

Kobanê se trouve aux portes de la Turquie. (Crédit: AFP)

La Turquie et les Kurdes

Les combattants kurdes de Turquie qui partent en Syrie sont pour la plupart des militants du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan). Or, le PKK est considéré par Ankara (par les États-Unis et l’Union Européenne également) comme une organisation terroriste. Le parti utilise des actions violentes (attentats ou enlèvements) pour que l’État turc reconnaisse la légitimité de la culture kurde et qu’il donne l’autonomie au peuple. L’objectif du PKK est d’obtenir, à l’instar des Kurdes irakiens, une région autonome.

Le chef du parti, Abdullah Öcalan, emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999, a lancé un quatrième appel à cessez-le-feu en mars 2013. Cet appel a concrétisé plusieurs mois de discussions entre le PKK et le gouvernement turc. Jusqu’à présent le cessez-feu était globalement respecté des deux côtés mais le manque de volonté d’Erdogan d’intervenir en Syrie, aux côtés des peshmergas, met en péril ce fragile équilibre.

Du point de vue d’Ankara, la situation est à double tranchant. D’un côté, Kobanê se trouve près de la frontière turque et si l’EI venait à prendre la ville, les djihadistes se retrouveraient aux portes de la Turquie. D’un autre côté, Erdogan hésite à intervenir car si les peshmergas repoussaient l’EI, cela pourrait renforcer les volontés séparatistes du PKK et donc déstabiliser davantage la cohabitation entre les Kurdes et les Turcs. Un fort soutien des résistants de Kobanê n’est donc pas à prévoir de la part de la Turquie.

French government resigns, again

French Prime Minister Manuel Valls has to name a new government. (Crédit photo: Bebert Bruno / Sipa)

French Prime Minister Manuel Valls has to name a new government. (Crédit photo: Bebert Bruno / Sipa)

Less than six months after former French Prime Minister Jean-Marc Ayrault’s resignation, Prime Minister Manuel Valls has resigned, along with his government. In recent days, Minister of Economy Arnaud Montebourg and Minister of Education Benoît Hamon have been publicly criticizing both François Hollande and Manuel Valls about their economic measures. In a press release, the presidential palace confirmed that French president François Hollande has asked Manuel Valls to form a new government.

Criticism is not new among the cabinet members. Since July 2012, Montebourg has disagreed on eight different topics according to the newspaper Le Figaro. Among the disagreements, Arcelor Mittal’s threat to shut down the big steel plant in Florange, Montebourg wanted to nationalize it. What Montebourg really wants is to redistribute a third of the savings made with the reduction of the expenses to the households. Unfortunately, according to the newspaper La Dépêche, this wish does not meet the government’s plan to redistribute 80% of the savings to the companies. A disagreement which apparently led to the breakdown.

Even before today’s announcement, an environmental member who was a former Minister, Cécile Duflot, published a book, sharing her experience in previous Hollande’s government. And it was not a good experience.The title of the book, “From Interior, a trip to the land of disenchantment”.

Décodage en Irak: EI, Yazidis, peshmergas

La situation au Nord de l'Irak est complexe. (Crédit : La Croix)

La situation au Nord de l’Irak est complexe. Crédit: La Croix

Depuis plusieurs semaines, l’Irak est secoué par l’avancée brutale de l’État islamique (EI), un califat autoproclamé dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi et qui s’étend du Nord de la Syrie au Nord de l’Irak. Le 10 juin, les combattants de l’EI, soutenus par des rebelles sunnites ont pris Mossoul, la deuxième ville irakienne. Au départ, la population soutenait les rebelles sunnites qui combattent principalement les chiites*, assimilés au pouvoir à Bagdad. Un mois plus tard, après s’en être pris aux chiites, les combattants de l’EI et les rebelles sunnites ont commencé à s’en prendre aux chrétiens. Ils ont marqué leur maison d’un N comme « nazaréen », autrement dit « chrétien » en arabe. L’EI leur a laissé trois choix: se convertir, payer une taxe ou partir sans rien pouvoir emmener. Ce choix a conduit à la fuite de 10 000 chrétiens de Mossoul.

Prise de Qaraqosh

Le 7 août, l’EI s’empare de la plus grande ville chrétienne d’Irak, Qaraqosh. Des milliers de chrétiens s’y étaient déjà réfugiés après la chute de Mossoul. Située sur la ligne de front entre l’EI et les peshmergas, les combattants kurdes qui protègent le Kurdistan au nord de l’Irak, la population chrétienne comptait sur eux pour repousser l’EI. Mais les peshmergas n’ont pas résisté et ont dû laisser Qaraqosh aux djihadistes. Cette fois, les djihadistes n’ont pas laissé le choix aux chrétiens: il faut partir ou mourir. Pour 100 000 chrétiens, c’est de nouveau l’exode vers la ville la plus proche, Erbil, la capitale autonome du Kurdistan irakien.

peshmergas

Des combattants peshmergas près d’Erbil (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Les peshmergas, combattants kurdes

De leurs côtés, les peshmergas, mot qui désigne un combattant qui se battra jusqu’à la mort, tentent de protéger le Kurdistan de l’avancée des djihadistes. Désormais, les hommes de l’EI se rapprochent du territoire kurde et ne sont plus qu’à des dizaines kilomètres d’Erbil, où se trouvent la plupart des chrétiens qui ont fui. Sorte d’armée très organisée, les peshmergas se sont substitués à l’armée irakienne qui n’a pas pu faire face aux djihadistes. Ils sont cependant moins bien équipés et ont donc demandé de l’aide de la part de la communauté internationale.

Intervention américaine et française

Après avoir d’abord envoyé de l’aide humanitaire en Irak, les États-Unis ont procédé début août à des frappes ciblées pour protéger le personnel diplomatique américain qui se trouve à Erbil. Face à l’avancée importante de l’EI (notamment avec la prise de Qaraqosh), les États-Unis ont décidé d’envoyer des armes aux Kurdes. La France à quant à elle salué cette initiative et a décidé de marcher dans les pas de son allié américain. La France a longuement hésité à livrer des armes aux Kurdes car elle ne voulait pas qu’elles puissent finir entre les mains des djihadistes et parce que le Kurdistan revendique son indépendance face à Bagdad. Un soutien trop appuyé aux Kurdes pourrait contribuer à morceler l’Irak.

Outre l’aspect militaire, la France a aussi livré des vivres aux réfugiés. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a supervisé la livraison de l’aide quand il s’est rendu à Erbil le 10 août. Plus de trente tonnes ont déjà été acheminées.

Des milliers de Yazidis sont menacés par la famine (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Des milliers de Yazidis sont menacés par la famine (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Prise de la région de Sinjar

Début août, l’EI a pris le contrôle de la région de Sinjar où se trouve majoritairement les Yazidis, une minorité dont la religion est considérée comme pré-islamique. Ils puisent une partie de leurs croyances dans le zoroastrisme, mais intègrent également des éléments de l’islam et du christianisme. Les Yazidis vénèrent sept anges dont le plus important est Melek Taous ou l’Ange-Paon. Face à l’attaque des djihadistes, entre 20 000 et 30 000 Yazidis (selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés) ont fui vers les montagnes avec uniquement les vêtements qu’ils portaient. Face à la chaleur étouffante (plus de 40 degrées la journée), des dizaines d’enfants sont morts de déshydratation. Pour ceux qui survivent et pour les plus reculés dans la montagne, les conditions sont extrêmes car ils n’ont ni eau ni nourriture. Les Kurdes et les bombardements américains sur les djihadistes ont néanmoins permis à plusieurs milliers de Yazidis de fuir les montagnes. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que quelques milliers à survivre grâce aux paquets de vivres envoyés par l’Union européenne et les États-Unis.

Le premier ministre chiite Nouri al-Maliki est accusé d’avoir accentuer les tensions entre les différentes communautés religieuses d’avoir particulièrement exclu les sunnites.