Syrian refugee seeks new life in France

Anas

« Living in Lebanon was worst than living in Syria. For me it was like hell », tells Anas Touleimat, a 22 year-old Syrian from Homs. For almost three months, Anas lived in Beyrouth, in an area controlled by Hezbollah, a Shia terror group. “I had to tell the militants where I was going and what I was going to do and they would give me a length of time to complete all my errands”, Anas complains. He shared a studio with four other men, with no bathroom, no kitchen and electricity for only four hours a day. But Anas escaped war. On an early morning in April 2013, he jumped into a car that drove him from Homs to Lebanon and left his family behind. “I did not want to go because the day before, there were huge airstrikes and I did not want to leave my family but my mother insisted, she was so strong but I know she was crying in her heart”, he adds. The country he escaped was destroyed by airstrikes and firmly held by Bashar Al-Assad. At university, pro-regime students were spreading propaganda and spying on other students to prevent anybody from rebelling.

When I ask him how life was before the war, Anas smiles. “It was a simple quite life. I was not very serious at school; I was going out all the time with my friends. My parents grounded me, I was like a prisoner at home but I got to love to study”. His hard work paid off since he is now studying mathematics and computer science in France. He landed in Paris in July 2014 and when talking about his first day in France, his face lights up. “I was so enthusiastic and hopeful. I thought I would learn French quickly and that I would be a tourist, visiting the Eiffel Tower”. He stayed at his cousin’s apartment for a while and it was then that Anas got his first cultural shock “When I arrived in the flat, I thought it was my temporary accommodation, it was like 30m2 for three people. It was so tiny I had troubles realizing it was actually Nizar’s apartment (his cousin). In Syria, even if you do not work a lot you can have a 100m2 flat”, he explains. His second day was not as cheerful as the first one. Nizar woke him up at 8 am because he had to go to work and he sent Anas out for a visit in Paris with a map and metro tickets. “I thought it was a joke but when Nizar slammed the door behind me I understood it was for real”, he remembers. Anas did not have a phone or any idea of the address of the flat and he did not speak French. He took the first metro he saw and stopped randomly at the Arc de Triomphe. From there, Anas had a good view on the Eiffel Tower. “At first I was quite angry at Nizar to leave me all alone in the city but at the end I was really happy”. But this first day out in the jungle did not quite prepare him for what was coming. Learning French was not as easy as Anas thought. He struggled with the pronunciation and almost gave up on his French adventure. “I did not have any friends, Nizar was a bit hard on me, I thought I did not have any future in France”, he remembers. His efforts started to be rewarded and little by little, he improved his pronunciation and made friends. Sometimes however, the war he had to face in Syria flashes back. On the French national day, “when I heard the fireworks, it reminded me of airstrikes in Syria and I thought something was going to fall on me”, he admits.

Anas has a political refugee status in France, which means that it cannot go back to Syria before a very long time. A constraint that does not seem to bother him “of course I want to go back to Syria because I have a lot of memories and there is my family but I love France, I feel good. In fact, I am going to ask for the French nationality in a few months, that way I will be Franco-Syrian. Or so I hope”.

Rassemblement “Nous sommes Charlie” Londres

Ils étaient plusieurs centaines à se rassembler ce dimanche à Londres pour rendre hommage aux victimes de l’attentat qui a frappé le journal satirique Charlie Hebdo. Pendant quelques heures, Trafalgar Square a vibré au son de La Marseillaise et des “Nous sommes Charlie”.

Les Kurdes de Paris se réunissent pour la journée mondiale pour Kobanê

Ils étaient quelques milliers à se réunir cet après-midi à Bastille pour une marche en soutien à Kobanê, la ville syrienne majoritairement peuplée de Kurdes. Depuis le 16 septembre, les peshmergas (combattants kurdes) aidés par les frappes de la coalition internationale, résistent aux attaques de l’État islamique (EI). Ils viennent de recevoir l’appui de quelque 150 peshmergas du Kurdistan irakien, via la Turquie.

Ces nouvelles forces, stationnées depuis le milieu de semaine dans la ville turque Suruç ont pu traverser la frontière pour rejoindre les combattants en proie au feu de l’EI. Ce renfort est une grande avancée dans la lutte contre les djihadistes de la part de la Turquie. Alors que le président Recep Tayyip Ergodan avait appelé le 31 septembre à intervenir par voie terrestre contre Daech (acronyme de l’État islamique en arabe), il avait refusé d’envoyer des soldats turcs, seuls au combat. Il refusait également de laisser passer les Kurdes qui souhaitaient combattre aux côtés des leurs.

Kobanê se trouve aux portes de la Turquie. (Crédit: AFP)

Kobanê se trouve aux portes de la Turquie. (Crédit: AFP)

La Turquie et les Kurdes

Les combattants kurdes de Turquie qui partent en Syrie sont pour la plupart des militants du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan). Or, le PKK est considéré par Ankara (par les États-Unis et l’Union Européenne également) comme une organisation terroriste. Le parti utilise des actions violentes (attentats ou enlèvements) pour que l’État turc reconnaisse la légitimité de la culture kurde et qu’il donne l’autonomie au peuple. L’objectif du PKK est d’obtenir, à l’instar des Kurdes irakiens, une région autonome.

Le chef du parti, Abdullah Öcalan, emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999, a lancé un quatrième appel à cessez-le-feu en mars 2013. Cet appel a concrétisé plusieurs mois de discussions entre le PKK et le gouvernement turc. Jusqu’à présent le cessez-feu était globalement respecté des deux côtés mais le manque de volonté d’Erdogan d’intervenir en Syrie, aux côtés des peshmergas, met en péril ce fragile équilibre.

Du point de vue d’Ankara, la situation est à double tranchant. D’un côté, Kobanê se trouve près de la frontière turque et si l’EI venait à prendre la ville, les djihadistes se retrouveraient aux portes de la Turquie. D’un autre côté, Erdogan hésite à intervenir car si les peshmergas repoussaient l’EI, cela pourrait renforcer les volontés séparatistes du PKK et donc déstabiliser davantage la cohabitation entre les Kurdes et les Turcs. Un fort soutien des résistants de Kobanê n’est donc pas à prévoir de la part de la Turquie.

Décodage en Irak: EI, Yazidis, peshmergas

La situation au Nord de l'Irak est complexe. (Crédit : La Croix)

La situation au Nord de l’Irak est complexe. Crédit: La Croix

Depuis plusieurs semaines, l’Irak est secoué par l’avancée brutale de l’État islamique (EI), un califat autoproclamé dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi et qui s’étend du Nord de la Syrie au Nord de l’Irak. Le 10 juin, les combattants de l’EI, soutenus par des rebelles sunnites ont pris Mossoul, la deuxième ville irakienne. Au départ, la population soutenait les rebelles sunnites qui combattent principalement les chiites*, assimilés au pouvoir à Bagdad. Un mois plus tard, après s’en être pris aux chiites, les combattants de l’EI et les rebelles sunnites ont commencé à s’en prendre aux chrétiens. Ils ont marqué leur maison d’un N comme « nazaréen », autrement dit « chrétien » en arabe. L’EI leur a laissé trois choix: se convertir, payer une taxe ou partir sans rien pouvoir emmener. Ce choix a conduit à la fuite de 10 000 chrétiens de Mossoul.

Prise de Qaraqosh

Le 7 août, l’EI s’empare de la plus grande ville chrétienne d’Irak, Qaraqosh. Des milliers de chrétiens s’y étaient déjà réfugiés après la chute de Mossoul. Située sur la ligne de front entre l’EI et les peshmergas, les combattants kurdes qui protègent le Kurdistan au nord de l’Irak, la population chrétienne comptait sur eux pour repousser l’EI. Mais les peshmergas n’ont pas résisté et ont dû laisser Qaraqosh aux djihadistes. Cette fois, les djihadistes n’ont pas laissé le choix aux chrétiens: il faut partir ou mourir. Pour 100 000 chrétiens, c’est de nouveau l’exode vers la ville la plus proche, Erbil, la capitale autonome du Kurdistan irakien.

peshmergas

Des combattants peshmergas près d’Erbil (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Les peshmergas, combattants kurdes

De leurs côtés, les peshmergas, mot qui désigne un combattant qui se battra jusqu’à la mort, tentent de protéger le Kurdistan de l’avancée des djihadistes. Désormais, les hommes de l’EI se rapprochent du territoire kurde et ne sont plus qu’à des dizaines kilomètres d’Erbil, où se trouvent la plupart des chrétiens qui ont fui. Sorte d’armée très organisée, les peshmergas se sont substitués à l’armée irakienne qui n’a pas pu faire face aux djihadistes. Ils sont cependant moins bien équipés et ont donc demandé de l’aide de la part de la communauté internationale.

Intervention américaine et française

Après avoir d’abord envoyé de l’aide humanitaire en Irak, les États-Unis ont procédé début août à des frappes ciblées pour protéger le personnel diplomatique américain qui se trouve à Erbil. Face à l’avancée importante de l’EI (notamment avec la prise de Qaraqosh), les États-Unis ont décidé d’envoyer des armes aux Kurdes. La France à quant à elle salué cette initiative et a décidé de marcher dans les pas de son allié américain. La France a longuement hésité à livrer des armes aux Kurdes car elle ne voulait pas qu’elles puissent finir entre les mains des djihadistes et parce que le Kurdistan revendique son indépendance face à Bagdad. Un soutien trop appuyé aux Kurdes pourrait contribuer à morceler l’Irak.

Outre l’aspect militaire, la France a aussi livré des vivres aux réfugiés. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a supervisé la livraison de l’aide quand il s’est rendu à Erbil le 10 août. Plus de trente tonnes ont déjà été acheminées.

Des milliers de Yazidis sont menacés par la famine (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Des milliers de Yazidis sont menacés par la famine (Crédit: Safin Hamed / AFP)

Prise de la région de Sinjar

Début août, l’EI a pris le contrôle de la région de Sinjar où se trouve majoritairement les Yazidis, une minorité dont la religion est considérée comme pré-islamique. Ils puisent une partie de leurs croyances dans le zoroastrisme, mais intègrent également des éléments de l’islam et du christianisme. Les Yazidis vénèrent sept anges dont le plus important est Melek Taous ou l’Ange-Paon. Face à l’attaque des djihadistes, entre 20 000 et 30 000 Yazidis (selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés) ont fui vers les montagnes avec uniquement les vêtements qu’ils portaient. Face à la chaleur étouffante (plus de 40 degrées la journée), des dizaines d’enfants sont morts de déshydratation. Pour ceux qui survivent et pour les plus reculés dans la montagne, les conditions sont extrêmes car ils n’ont ni eau ni nourriture. Les Kurdes et les bombardements américains sur les djihadistes ont néanmoins permis à plusieurs milliers de Yazidis de fuir les montagnes. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que quelques milliers à survivre grâce aux paquets de vivres envoyés par l’Union européenne et les États-Unis.

Le premier ministre chiite Nouri al-Maliki est accusé d’avoir accentuer les tensions entre les différentes communautés religieuses d’avoir particulièrement exclu les sunnites.