The Homesman: Tommy Lee Jones repasse derrière la caméra

Avec The Homesman, Tommy Lee Jones signe son retour à la réalisation (Crédit photo: Festival de Cannes)

Avec The Homesman, Tommy Lee Jones signe son retour à la réalisation (Crédit photo: Festival de Cannes)

Neuf ans après sa première réalisation “Trois enterrements”, Tommy Lee Jones revient avec un long-métrage aux allures de western: The Homesman. Un retour réussi puisque son film est sélectionné pour la compétition officielle à Cannes.

Le film s’ouvre sur des paysages désertiques des anciens territoires indiens: le décor est planté. Mary Bee Cuddy (Hilary Swank) laboure son champ, seule. Les plans sont fixes, lents, comme pour installer le spectateur dans un isolement psychologique. Un isolement qui est physique pour la protagoniste. Cuddy vit dans une petite maison au milieu de nul part. Elle a la charge de ramener trois femmes devenues folles à la ville. Dans cette tâche, elle est accompagnée par George Briggs (Tommy Lee Jones) qu’elle sauve d’une pendaison. Cet attelage singulier se lance à travers les déserts de l’Ouest.

Les forces et les faiblesses d’une femme

The Homesman c’est avant tout l’histoire d’une femme, qui par la force des choses, doit être aussi forte qu’un homme. Elle monte à cheval, elle tire, elle laboure, elle fait la cuisine, le ménage. Cuddy se débrouille toute seule et en arrive à être autoritaire, trait qui effraie les maris potentiels. En apparence donc, Cuddy est le parfait cliché de la femme indépendante. Pourtant, face à Briggs, le cowboy solitaire, ses faiblesses ressortent.

Tommy Lee Jones, un homme à la double casquette

Avec son nouveau film, Tommy Lee Jones montre qu’il est aussi à l’aise devant que derrière la caméra. Son jeu mêle gravité et pointe d’humour, deux aspects que l’on retrouve dans beaucoup de ses films (et surtout Men in Black). Sa mise en scène est subtile et utilise finalement que peu d’artifices (pour montrer le chemin que Cuddy doit parcourir, il la filme de dos avec à l’horizon le désert).

Si le film paraît calme, il est entrecoupé de scènes violentes (une femme tue son bébé, un mari ligote sa femme…), dignes d’un western. Un rythme maîtrisé et accompagné par une musique légère de Marco Beltrami. Un bel équilibre pour Tommy Lee Jones.

 

Captives ne captive pas autant

Le nouveau film d'Atom Egoyan peine à séduire les critiques (Crédit photo: Festival de Cannes

Le nouveau film d’Atom Egoyan peine à séduire les critiques (Crédit photo: Festival de Cannes)

Présenté en compétition officielle à Cannes, le nouveau film d’Atom Egoyan est loin de faire l’unanimité. « Film raté », « indigne de la sélection officielle », les critiques ne manquent pas. L’histoire vue et revue peut en être la cause. Des parents font face à l’enlèvement de leur fille. Matthew Lane (incarné par Ryan Reynolds) lutte pour retrouver Cassandra, sa fille.

Un rôle nouveau pour Ryan Reynolds, plus habitué à jouer dans le registre de la comédie. Pourtant, il transmet à merveille l’émotion que l’on peut ressentir dans ce genre de situation. L’inquiétude, le désespoir, le doute, l’espoir.

Le côté pervers du pédophile joué par Kévin Durand est bien exploité. Il observe la détresse des parents et demande à Cassandra de lui raconter des souvenirs d’enfance. Des souvenirs qu’il exploite pour accentuer la détresse des parents. Un cercle vicieux.

Un film qui ne gagnera pas la Palme d’or

Si le film captive pendant près de deux heures, la fin semble bâclée. L’aspect réseau pédophile, au coeur de l’intrigue, n’est que peu développé. On n’effleure simplement du doigt la complexité du réseau. Qui sont ces hommes? Comment en sont-ils arrivés à la pédophilie? Autant de questions sans réponse.

Dans sa globalité, le film est bien mais il n’a pas sa place dans la sélection officielle. L’histoire ressemble à celle d’un film de grand public et le Festival de Cannes a un public plus avisé.

Festival de Cannes 2014

La première semaine du festival de Cannes se termine, l’occasion de faire un premier bilan. En ouverture, le nouveau film d’Olivier Dahan, Grace de Monaco, fait parler de lui. La famille princière s’est vivement opposée au film, arguant qu’il ne relatait pas des faits réels. Autre polémique, le double montage du film. La Weinstein company, le producteur du film aux États-Unis, est en désaccord avec le montage du réalisateur. Weinstein aurait voulu que le film reflète davantage la carrière hollywoodienne de Grace Kelly alors que Dahan se focalise sur la dimension monégasque. Le film n’a d’ailleurs pas de date de sortie aux États-Unis.

Le film de Mike Leigh, Mr Turner, a ouvert le bal des projections de la sélection officielle. Biopic sur le peintre britannique, le long-métrage fait partie des trois biopics retenus dans la sélection officielle. Cette année, Cannes fait la part belle à ce genre de film. Alors le festival lance-t’il la tendance ou ne fait-il que la suivre?

Captives d’Atom Egoyan a continué les festivités. Ryan Reynolds est à l’affiche du film et s’éloigne des rôles dont il a l’habitude. Élu homme le plus sexy du monde en 2010, c’est un Ryan Reynolds barbu et emmitouflé (l’action se déroule au Canada) que l’on retrouve dans Captives. Il y incarne un père dont la fille a été kidnappée. Alors la question est posée: est-il toujours aussi sexy?

Et on ne pourrait pas faire un bilan du festival de Cannes sans parler de ses plus fidèles spectateurs. Ils se regroupent sur les escabeaux en bas du tapis rouge, les chasseurs de stars viennent pour la plupart depuis des années. Autographes, selfies, ils sont à l’affût de la moindre célébrité.

Barbecue : apéro, chipos et crises… de rire

Même si le temps n’est pas propice au farniente dans le nord de la France, le film Barbecue vous fera patienter jusqu’à l’été. Camille Baud, étudiante en journalisme, nous livre sa vision du film.

En salle depuis le 30 avril, le nouveau film d'Eric Lavaine éveillera vos papilles.

En salle depuis le 30 avril, le nouveau film d’Eric Lavaine éveillera vos papilles.

Alors forcément, le titre contrairement à ce à quoi il fait référence, n’est pas très alléchant. On imagine assez facilement une comédie made in France, mixe entre les Bronzés et Les petits Mouchoirs. Le pitch sent même un peu le roussi : Antoine, touche la cinquantaine du doigt. Bien né, un job dans l’entreprise familiale, une femme qu’il ne regarde plus, et des amis de jeunesse qu’ils supportent plus par habitude qu’autre chose. Oui mais voilà, ce compétiteur adepte de l’adultère fête ses 50 ans avec un infarctus. Lui qui a passé sa vie à faire attention, décide de tout remettre en question, y compris ses amis.

Effectivement on peut s’attendre au pire. Pourtant, la salle est comble. Les lumières s’éteignent, le silence se fait. Le film commence et déjà on sourit. Quelques minutes plus tard, les premiers éclats de rire. La salle se détend, prête à passer un bon moment.

Le barbecue, c’est le déjeuner hebdomadaire avec les vieux potes. Tous les dimanches avec toujours les mêmes. Sauf que depuis les bancs de la fac, Olivia et Baptiste ont divorcés, Laurent est sur la paille, Antoine se tape tout ce qui bouge et qui a moins de 25 ans et Yves est devenu carrément beauf. L’infarctus d’Antoine arrive donc, juste à temps pour mettre un bon coup de pied dans la fourmilière.

Lambert Wilson en chef de bande donneur de leçons est surprenant de sincérité. Franck Dubosc et Florence Foresti sont drôles, sans en faire des tonnes. Le meilleur de leur humour et de leur complicité. Avec des dialogues efficaces, une mise en scène énergique et un décor de rêve dans les Cévennes, on ne s’ennuie jamais. Le vin coule à flot, les répliques aussi. Un spectateur donne un coup de coude complice à sa femme, l’air de dire « ça ne te rappelle pas quelqu’un ? ». Et comme l’amitié est universelle et intergénérationnelle, tout le monde s’y retrouve.

C’est sûr, Barbecue n’est pas le blockbuster de l’année. Après Incognito et Bienvenue à bord, Eric Lavaine offre un film chorale, sans fioritures ni chichi. Et finalement, pour un jour de mai pluvieux, c’est tout ce qu’on demande.